14-10: Fékir est un vrai patron




Nabil Fékir est de retour.
Depuis le début de la saison il tient Lyon sur ses épaules. 
Sept buts et quatre passes décisives en neuf matchs.
Plus d’une fois par match, il change la donne.
Des statistiques exceptionnelles.
Mais au-delà des statistiques et du jeu c’est en tant qu’homme qu’il a changé de carrure.
En tant que meneur.
Dans cette équipe lyonnaise encore jeune c’est lui que les autres suivent.
Dès qu’on lui a confié le brassard de capitaine il a changé de dimension.
A l’origine Nabil Fékir possède plutôt une personnalité introvertie.
Mais on s’aperçoit cette année qu’il a en réalité l’étoffe d’un meneur.
C’est lui que les autres suivent, c’est lui que les autres écoutent.
Le capitanat lui va bien.
Il n'a pas besoin de parler fort. 
Sur le coup-franc Fékir a pris ses responsabilités.
A la dernière minute du temps additionnel.
Petit filet dans l’angle couvert par le gardien.
Illumination. Stade qui hurle Fékir. Le jeune Houssem Aouar dans les bras de Nabil Fékir.
Puis toute l’équipe qui s’embrasse et se réjouit.
Ah ils peuvent être content les lyonnais. 
Et c’est lui, c’est Nabil Fékir qui était venu chercher la faute.
Il dribble un premier joueur il dribble un deuxième joueur et là c’est la faute.
L’arbitre lève immédiatement le bras.
L’arbitre n’hésite pas une seconde.
Sur l’action qui mène au coup-franc Fékir a également pris ses responsabilités.
En allant provoquer jusqu’à obtenir la faute.
Mariano comprend très vite que Fékir va tirer ce coup-franc.
Il y a trois joueurs, trois lyonnais autour du ballon.
Trois tireurs potentiels.
Mariano Diaz, Memphis Depay et Nabil Fékir.
Mais c’est évident que Fékir va le tirer.
Car c’est son coup-franc, c’est lui qui a obtenu la faute, c’est lui qui va le tirer.
Mariano caresse la tête de Fékir ou lui donne une petite tape sur la nuque.
Il a compris que Fékir ne laissera à personne d’autre le soin de tirer ce coup-franc.
Pourtant Memphis reste là, à côté du ballon.
Alors que Fékir a été ferme. Il a dit ce qu’il avait à dire.
Il a dit C’est moi qui vais tirer ce coup-franc.
Ensuite on voit sur le ralenti le geste de Mariano.
Avant de s’effacer pour laisser tirer Fékir il caresse la nuque de Memphis.
Ou lui donne une petite tape sur la nuque. Pour qu’il accepte.
C’est Fékir qui va tirer ce coup-franc.
Memphis s’écarte.
Subasic le gardien monégasque anticipe côté mur.
Mais Fékir ne la brosse pas au-dessus du mur.
Il la tire dans l’angle du gardien.
Subasic a trop anticipé et se retrouve pris à contre-pied.
On peut se demander si Subasic n’aurait pas dû mettre un joueur de plus dans son mur.
Cinq joueurs au lieu de quatre.
Par exemple un joueur supplémentaire qui avance sur le tireur.
Les filets tremblent.
La balle est dedans.
A la 90ème plus quatre minutes.
Trois buts à deux.
Les monégasques n’ont plus aucun espoir de revenir.
C’est à peine s’ils ont le temps de jouer l’engagement.
Déjà l’arbitre siffle la fin.
La partie est gagnée.
Fékir est un vrai patron.
Et dire que certains ne le voyaient pas revenir à son meilleur niveau après sa terrible blessure. 



27-9: M. Jean-Pierre




         Il y a des jours où même un sexe de jeune fille sur coussin de fleur ne tenterait pas*, songe M. Jean-Pierre. Du coin de l’œil, il observe le sexe qui se trouve dans le salon. Le sexe ne bouge pas. M. Jean-Pierre passe devant le sexe, va à la fenêtre, l’ouvre, elle grince. Il se demande ce que mange un sexe de jeune fille sur coussin de fleur, d’ordinaire. Comme ses cigarettes ne veulent pas sortir du paquet, il se voit obligé de déchirer un peu plus l’emballage. Cela fait deux jours maintenant que les voisins lui ont laissé ce sexe (ils sont partis dans le sud, un week-end prolongé), sans lui donner de conseils. Vous saurez bien y faire, a dit le monsieur. On vous fait confiance, M. Jean-Pierre, a dit la dame. M. Jean-Pierre allume sa cigarette. Peut-être le sexe de jeune fille se nourrit-il tout seul. Une quinte de toux saisit M. Jean-Pierre. Bronchite chronique du fumeur, a dit la dernière fois son médecin, avec un sourire navré. M. Jean-Pierre lui a souri en retour, poliment. Peut-être le sexe de jeune fille veut-il une cigarette. M. Jean-Pierre propose une cigarette au sexe de jeune fille sur coussin de fleur qui ne lui répond pas, dont les lèvres rouge sombre ne frémissent pas. Le sexe, suppose M. Jean-Pierre, ira chasser des souris, des insectes, de petites bestioles dans l’appartement dès qu’il sera parti. M. Jean-Pierre écrase sa cigarette. Il pense à vider le cendrier mais ne le fait pas. Il se dit qu’il va aller faire un tour, respirer l’air frais dans la rue, laisser le sexe un peu tranquille.


*


Quand M. Jean-Pierre revient, le sexe a mangé ; une vague plénitude, une trouble rotondité le trahit. Une souris a dû se faire avoir, pense M. Jean-Pierre. C’est très bien, trouve-t-il, si ce sexe de jeune fille peut le débarrasser des souris, c’est toujours ça. Dehors, M. Jean-Pierre a acheté des fleurs. Pour le sexe. Des roses. Il les agite au-dessus du sexe. Il en a pris exprès des bien fatiguées. Elles lâchent leurs pétales qui glissent sur le sexe et viennent se mêler aux autres pétales du coussin de fleur. Je suis bien seul, se dit M. Jean-Pierre. Il jette les tiges pleines d’épines à la poubelle.


*


On annonce qu’on va licencier deux mille ouvriers. Le délégué syndical interviewé est gros, très pâle, il dit que c’est un scandale car l’entreprise a fait un bon chiffre d’affaire cette année. Que vont faire les deux mille ouvriers. Ils ont des femmes, des enfants. On revient au présentateur. Il a l’air grave ou désolé, entre les deux. C’est bien malheureux, dit-il sur un ton qui laisse penser que ça devait arriver de toute façon. Un jour ou l’autre. M. Jean-Pierre se tourne sur son canapé. Le sexe de jeune fille est immobile, on dirait une statue de petite taille. Qu’est-ce que tu en penses, toi, demande M. Jean-Pierre. Pas de réponse. Peut-être doit-il s’y prendre autrement. Qu’est-ce que vous en pensez, vous, demande M. Jean-Pierre. Le sexe ouvre les lèvres. Le capital a besoin de destruction, déclare le sexe de jeune fille sur coussin de fleur. Le capital détruit ici pour mieux faire du profit ailleurs. M. Jean-Pierre hoche la tête, lentement, comme une poupée allemande, ancienne. Il pense à sa retraite. Il espère qu’on la lui laissera jusqu’à la fin de sa vie. Il n’est sûr de rien, car tout change, tout va très vite.





*phrase trouvée chez Jean-Pierre George, Aucun rôle dans l’espèce, Tarabuste éditions.








9-6: poèmes très courts en forme de fragments de Vagner, Perros, Vialatte, Lovecraft, Durrel



YV

–– Ils les ont brûlées au lance-flamme,
constata Boris
avant de lâcher un juron fourni, compliqué et mauvais.

GP

Bach croit en Dieu (…)
Il y croit parce qu’il travaille, qu’il acquiesce au labeur quotidien.
Au point peut-être exagéré de faire pas mal de gosses.

AV

le viol et l’adjectif,
comme la baignade,
doivent cesser au premier frisson

HPL

de longues choses rampantes munies d’antennes veloutées 
et d’un millier de pattes tombent des tuyaux
comme des gouttes de sueur

LD

Les parents de Claude ont eu l’idée
de mourir d’un cancer
dans beaucoup de souffrance

20-5: poèmes très courts



Ensemble

Des prédateurs nocturnes
et chitineux
nous entouraient ; nous résolûmes
de leur jeter le petit.

Le jeu

On se prit au jeu :
chacun tua son âne.

Ponction VII

C’est la troisième fois que je la rate. Elle ne râle pas.
Soit elle est très gentille,
soit elle ne sent plus rien.

Anticipation

Leurs yeux rouges palpitaient. « Nous sommes 
les ambassadeurs », déclara mon compagnon,  
tandis que je gardais les mains
serrées sur mon arme.

Encore

« Encore, encore », lui dit-il
sans réaliser
que c’était fini.

14-5: poèmes très courts en forme de fragments de Lainé, Aldiss, Vialatte, Ellison, Hardellet



SL

J’emporte mon arme de poing – elle pourrait abattre
un éléphant en plein vol,
paraît-il.

AH

J’en ramasse un                           [un marron d’Inde]
que j’introduis dans ma poche-revolver
et que je retrouverai un jour ratatiné, terni, minable,
tel une couille de petit vieux.

BA

Les restrictions sur les voyages étaient si grandes,
la révision des livres d’histoire poussée si loin,
l’endoctrinement des enfants si méticuleux
qu’il était presque impossible de savoir
où l’on était dans le monde. 

HE

– La vie est pleine de petites déceptions.
– Tu me rends triste.
– La vie est pleine de petites déceptions.

AV

les mouches à tête rouge, au ventre noir
rayé de blanc, s’astiquent les pattes de devant
comme un couteau de boucher, d’un geste
plus rapide que celui des machines


11-5: poèmes très courts en forme de fragments de Carpentier, Evenson, PAG, Hardellet, Bolaño



BE

Le bûcheron secoua la tête.
« Dieu n’a pas de hache comme celle-ci »,
dit-il.

PAG

C’est quand les monstres arrivent
que je suis le plus content

RB

Ecrire mal,
parler mal,
disserter sur des phénomènes tectoniques
au milieu d’un dîner de reptiles

AC

le cri mélismatique
d’un géant noir
qui porte un panier de calmars
sur la tête


AH

Les archives sont gardées nuit et jour par les Brigades de Sécurité,
dont on connaît les méthodes pour entretenir le bon esprit civique.
Ce déploiement de forces et de précautions
apparaît peu proportionné
avec la convoitise des cambrioleurs ou des espions :
qui risquerait sa peau pour apprendre, par exemple,
combien de rousses sont passées rue Nathalie-Sarraute
pendant la journée du 3 juin 1984 ?

14-4: poèmes très courts en forme de fragments de Bioy, Scute, Fante, Nabokov, Walser





JF

Mon patron conduisait le camion. Ses bras étaient tatoués.
Il portait des polos jaunes moulants. Ses muscles saillaient.
Il les caressait comme une fille lisse ses cheveux.

VN

vibrato spinal (…)
noirs scrotums de carnassiers (…)
continents stupéfiés (…)

RW

Je humai ses doigts, brûlant et stupide,
on est toujours stupide quand on a chaud

LS

Je courais par tout le village en criant :
« J’ai baisé Brigitte, j’ai baisé Brigitte ! »
Et ce n’était pas vrai.

ABC

L’amour de la mécanique
et des sciences naturelles
nous entraîne parfois
sur des pentes abominables.

12-4: poèmes très courts en forme de citations de JR



J R I

Il n’y a qu’un moyen, un seul,
d’attraper un poisson à la main :
c’est de le saisir par les ouïes. 

J R II

Le ventre maintenant à nu, gonflé, veiné
(comme un beau mollet de femme
un peu lacé de bleu)
fumait légèrement
en perdant sa chaleur.

J R III

une large crotte liquide,
brune,
glaireuse

J R IV (citant P)

Quand on ouvrit son cadavre, on vit qu’il avait le cœur
plus gros que la normale,
et couvert de poils

J R V

C’était de l’alcool pur.
Mais Nina l’avala d’un trait sans sourciller :
preuve, ajoutait mon père, de son intrépidité.


20-2: La théorie de Wagner et Pavlićev explique qu’il y ait des femmes anorgasmiques. (OF 7)



Pour le Dr  Elizabeth Lloyd.

Ce n’est pas de leur faute.

Ce n’est pas qu’elles s’y prennent mal.

Ce n’est pas qu’elles ne connaissent pas bien leur corps.

Ce n’est pas une question de compétence sexuelle.

C’est à cause de l’évolution.

La théorie de Wagner et Pavlićev est donc déculpabilisante.

Trouve le Dr Elizabeth Lloyd.

De l’université d’Indiana.

Et le Dr Elizabeth Lloyd va même plus loin.

Si Wagner et Pavlićev ont raison pense-t-elle l’orgasme féminin va disparaître.

A terme.

Comme tous les vestiges de l'évolution.

Car les vestiges s’effacent.

Dans le futur il n’y aura plus d’orgasmes.

Pense le Dr Elizabeth Lloyd.

Nous vivrons dans de grandes structures mobiles intersidérales bleues.

Ce sera une autre époque.

L’espace sera froid.

13-2: Le clitoris a dû voyager. (OF 6)



Chez les mammifères primitifs le clitoris est dans le vagin.

A l’intérieur.

Ce qui est tout de même pratique.

Chez les mammifères plus récents comme nous-mêmes le clitoris est dehors.

Au cours de notre évolution le clitoris s’est éloigné de plus en plus du vagin.

Jusqu’à se trouver hors d’atteinte du pénis inséré.

Günter Wagner explique ce déplacement de façon concise.

« Il ne faudrait pas que l’ancien signal envoie du bruit. »

« Au mauvais moment. »

Le clitoris a perdu sa fonction à cause de l’ovulation spontanée.

Il préfère alors se mettre hors-jeu.

Pour ne pas créer de parasites.

Tout est question d’information.

Envoyer les bonnes informations.

Au bon moment.

Cependant le clitoris conserve un contact avec le vagin.

Le clitoris a des nerfs.

Ces nerfs aboutissent à l’intérieur du vagin.

Ces nerfs sont comme des tentacules.

Qui se rejoignent dans une sorte d’éponge nerveuse.

Cette éponge se nomme le point G.

A cause du docteur Ernst Gräfenberg.

Le point G se situe sur la paroi antérieure du vagin.

Derrière l’os du pubis.

Entre le fond et l’entrée du vagin il faut s’arrêter à quatre centimètres.

Environ.

Cela varie selon les femmes.

Toutes les femmes ne sont pas faites pareilles.

Le clitoris dans son voyage a donc dévidé une pelote de nerfs.

Comme un fil d’Ariane.

Dans le labyrinthe.

Cette pelote dévidée relie le clitoris au vagin.

Ce qui est étonnant.

Du point de vue de la science.

On peut se demander pourquoi le clitoris s’accroche ainsi.

Au lieu de s’en aller tout à fait.

De se rétracter et de disparaître.

Comme le voudrait Darwin.

09-2: Pour le Dr Elizabeth Lloyd de l’université d’Indiana Wagner et Pavlićev ont raison. (OF 5)



L’orgasme est un vestige.

Un vestige du temps où nous étions mammifères primitifs.

« L’orgasme est aux femmes ce que les tétons sont à l’homme. »

Pense le Dr Elizabeth Lloyd.

De l’université d’Indiana.

06-2: Mais la science n’a pas dit son dernier mot. (OF 4)



D’ailleurs la science ne dit jamais son dernier mot.

C’est le principe de la science.

Deux chercheuses viennent de mettre au point une nouvelle théorie.

Sur la raison secrète de l’orgasme féminin.

Ces deux chercheuses s’appellent Mihaela Pavlićev.

Et Günter Wagner.

La plupart des revues scientifiques évoquent deux chercheuses.

Cela dit Günter est un prénom masculin.

Il est donc possible que Günter Wagner soit un homme.

Ou une femme avec un prénom d’homme.

Rien n’est sûr.

Pour Wagner et Pavlićev l’orgasme féminin est un vestige.

L’orgasme féminin est un vestige évolutionnaire d’un ancien système.

Cet ancien système était présent chez nos ancêtres mammifères primitifs.

Il est toujours présent chez certains mammifères d’aujourd’hui.

Par exemple le lapin.

Dans ce système l’orgasme provoque d’importantes décharges hormonales.

Qui permettent et actionnent l’ovulation.

Les humains et les primates n’ont plus besoin de ce système.

Ils ont évolué.

Chez eux désormais l’ovulation est spontanée.

L’ancien système persiste pourtant.

D'après Wagner et Pavlićev.

On le voit à travers un certain nombre de signes.

Perceptibles au moment de l’orgasme.

Il y a ainsi accroissement du rythme cardiaque.

Au moment de l'orgasme.

Mais aussi tension neuromusculaire. 

Augmentation de la pression artérielle.

Dilatation des vaisseaux sanguins.

Gonflement des lobes des oreilles.

Gonflement des lèvres.

Accélération de la respiration.

Sécrétion d’une substance muqueuse par la matrice. 

Conscience abolie.

Frissons et tremblements.

Distorsions.

Spasmes et secousses.

Ebranlement.

Tétanie.

Sensation de fonte de la peau et des muscles.

Commotion électrique.

Mouvements cloniques du bassin.

Parfois pâmoison complète.

Syncope.

Pressentiment de mort.







31-1: Les femmes n'ont pas besoin d'orgasmes (OF3)


Aux yeux de la science.

Mais les femmes ont quand même des orgasmes.

Or rien n’est gratuit.

Aux yeux de la science.

Rien n’est gratuit et tout arrive en raison d’une raison.

Si les femmes ont des orgasmes il y a donc une raison secrète.

Une raison qu’on ne voit pas.

C’est intrigant.

Il faut chercher.

Il faut proposer des théories.

On en propose un certain nombre.

On suppose par exemple que les femmes sont d’anciens garçons.

La machinerie sexuelle des femmes aurait la même origine que celle des garçons.

Embryons mâles et femelles se développent similairement.

Durant les huit premières semaines.

Les voies nerveuses sont encore souples.

Ouvertes à différents types de réflexes.

Dont l’orgasme.

Ensuite les garçons deviennent garçons et les femmes femmes.

Mais les femmes gardent un souvenir du temps qu’elles étaient aussi garçons.

L’orgasme est un souvenir.*

Ou alors on suppose que l’orgasme féminin est une adaptation évolutive.

L’orgasme vise à promouvoir la fidélité.

Grâce à l’orgasme la femme choisit le partenaire le plus adapté.

L’orgasme est un outil (inconscient) de sélection génétique**

Ou bien encore l’orgasme est une technique visant à retenir le sperme dans la matrice.

Quand une femme a un orgasme elle garde mieux le sperme de son partenaire.

Ce qui favorise la conception.***



Ces théories sont plus ou moins anciennes.

Aucune d'entre elles n'est parvenue à s'imposer.

Pour l’essentiel on est dans le flou.





*théorie défendue notamment par le docteur Donald Symons
**théorie défendue notamment par le docteur John Alcock
***théorie défendue notamment par les docteurs Robin Baker et Mark A. Bellis

29-1: La science réfléchit depuis très longtemps. (OF2)



 Au mystère de l’orgasme féminin.

C’est un vieux mystère.

Hippocrate le vieux médecin grec avait déjà une théorie là-dessus.

C’est la théorie de la double semence.

Il y a une semence des hommes et une semence des femmes.

Pour la conception il faut le mélange.

Du foutre mâle et du foutre femelle.

D’après le vieux médecin grec.

Donc les femmes éjaculent.

Il y a une éjaculation féminine.

On ne voit pas l’éjaculation féminine.

Car elle se produit à l’intérieur.

En secret.

Dans le secret de l’intérieur.

Mais elle existe.

Et l’orgasme y mène.

A la fin du siècle 18 ou au début du siècle 19 ou avant on commence à ne plus y croire.

A la théorie de la double semence, à l’existence d’un sperme féminin.

On se rend compte que chez la femme humaine l’ovulation est spontanée.

Il y a un cycle spontané.

Les œufs se libèrent tout seul.

Il n’y a plus besoin d’orgasme.  

Au yeux de la science.

27-1: A quoi sert l’orgasme féminin ? (OF 1)




Ce n’est pas moi qui pose la question.

C’est la science qui pose la question.

Parce que ça l’intéresse.

En revanche la science ne pose pas la question A quoi sert l’orgasme masculin.

Parce que ça ne l’intéresse pas.

Car l’orgasme masculin est fade et même falot.

Aux yeux de la science.

L’orgasme masculin est plat, unidimensionnel.

Il est à l’orgasme féminin ce que le navet cuit vapeur est au cassoulet de Castelnaudary.

Il est blanc, il est sans saveur.

L’orgasme féminin lui est vif, riche et épicé ; et il brille dans la nuit.

Aux yeux de la science.

Le problème de l’orgasme masculin c’est qu’il est sans mystère.

On voit tout de suite qu’il permet la libération des spermatozoïdes.

Donc on sait à quoi il sert.

L’orgasme féminin on n’a pas encore compris.

On ne sait pas de quoi il permet la libération.

Pas de l’œuf en tout cas.

L’œuf se libère tout seul.

Chez la femme.

Dans l’espèce humaine.

Spontanément.

L’orgasme masculin s’explique donc on s’en fiche.

Nous les scientifiques.

En revanche l’orgasme féminin ne s’explique pas.

C’est le mystère.

Le mystère excite la science.

22-12: Nabil Fekir doit prendre du plaisir



Chapitre 1 : nabil Fekir peine à retrouver son niveau d’antan

il n’a plus le niveau qu’il avait en 2014-2015
durant la saison 2014-1015
à l’époque il avait illuminé la ligue 1 de toute sa classe
d’ailleurs il fut sacré meilleur espoir de ligue 1 à la fin de la saison 2014-2015
il avait inscrit 13 buts et délivré 9 passes décisives au cours de la saison
on comptait sur lui
la France comptait sur lui
il hésita entre la France et l’Algérie
finalement il choisit la France
Didier Deschamps compta sur lui
Nabil Fekir se blessa d’ailleurs pendant un match
de l’équipe de France
(rupture du ligament croisé antéro-interne
avec
lésion du ligament latéral interne
avec
lésion du ménisque interne)
on se souvient de la grimace de Nabil Fekir quittant la pelouse
il revient à la compétition dans le premier semestre 2016
c’était peut-être un peu tôt
fin août 2016 il se fait nettoyer le ménisque
il n’a inscrit que trois buts en  cette saison 2016-2017
Nabil Fekir peine à retrouver son niveau d’antan

Chapitre 2 : Le talent il l’aura toujours

ses coéquipiers le défendent
ils pensent qu’il faut lui laisser le temps
Alexandre Lacazette attaquant de l’olympique pense que les journalistes
vont trop vite avec Nabil. car Nabil revient des croisés.
il faut le laisser travailler. il va montrer à tout le monde
l’étendue de son talent. Et Sergi Darder le milieu de terrain de l’olympique
soutient aussi Fekir. Par où Fekir est passé il faut juste être patient
dit Sergi Darder. le talent, il l’a toujours.
il l’aura toujours.

chapitre 3 : On a cru que c’était un problème de poids

de nombreux journalistes ont pointé un problème de poids.
Nabil Fekir aurait grossi.
mais c’est faux.
ces journalistes ont menti.
ou ils se sont trompés.
Nabil Fekir n’est pas gros.
le médecin de l’olympique Olivier Blanc
affirme que Nabil Fékir pèse un kilo de moins qu’en août 2015.
il a la deuxième plus faible masse graisseuse
de l’effectif de l’olympique.
ce n’est pas un problème de poids.

Chapitre  4 : Certains supporters ne sont pas inquiets

Nabil Fekir a toujours sa technique.
tant que tu ne perds pas ta technique le reste peut revenir.
la technique par contre ne revient pas.
si tu perds ta technique tout est perdu.
Nabil Fekir a besoin de retrouver à la fois son physique
et sa confiance dans son genou.
c’est compliqué.
d’autres avant lui ont mis des années.
on peut lui laisser quelques mois
avant de l’enterrer.

chapitre 5 : D’autres supporters sont inquiets

ils pensent que le problème de Fekir ce n’est pas son genou
ni son faux surpoids
mais son mental.
ils se demandent depuis combien de temps il n’a pas esquissé un sourire.
sur le terrain. ou devant la caméra.
on ne comprend pas pourquoi il ne manifeste pas de joie quand il marque.
il faut qu’un joueur de foot soit content de marquer quand il marque.
si Nabil Fékir ne prend pas de plaisir il ne retrouvera pas son talent.
il oublie de s’amuser.
il a perdu sa folie car il réfléchit trop. il surjoue.
il veut éliminer pour son propre ego.
alors qu’il faut éliminer pour l’équipe.
Nabil Fekir doit penser équipe.
Nabil Fekir doit retrouver du plaisir.
le reste reviendra.
l’important c’est de prendre du plaisir.  


19-12: Pour les amas de galaxie (DES 13)



on va faire bref
il ne s’agit pas non plus de se faire du mal
on va aller à l’essentiel :
la gravité est chaleureuse
ce qu’elle aime c’est la proximité
ce qui lui plaît dès l’origine
c’est de faire des tas
c’est de tout rapprocher
c’est d’agréger la matière
c’est de rassembler les galaxies en amas

mais l’énergie sombre ou une force de ce genre
s’y oppose
et disperse
tout ce que la gravité
voulait coller ensemble

connaître la vitesse de cette dispersion
nous donnera la vitesse de l’univers
l’un allant avec l’autre
comme les deux doigts de la même main 
car plus les choses se séparent
plus l’univers est grand


à partir de là c’est bon pour les quatre phénomènes
j’ai tout dit et l’affaire est pliée

s’il y a encore des choses qui semblent obscures

c’est normal

c’est soit la faute de l’univers

soit celle des cosmologues

soit la mienne


en ce qui me concerne
à ma décharge
je comprends pas
tout ce que je raconte

j’apprends ce que j’explique
en même temps que je l’écris

et pour le reste
pour la quintessence les bosons la matière noire
la gravité qui s’inverse et repousse au lieu d’attirer
l’énergie sombre l’énergie du vide
l’expansion de l’univers et sa vitesse réelle

pour tout le reste, la vérité 
c’est l’avenir 
l'avenir et les gros télescopes
qui la diront

8-12: Il y a aussi les lentilles gravitationnelles (DES 12)




On ne va pas y couper aux lentilles.
Il y a quatre phénomènes cosmiques, il faut causer des quatre.
Même si maintenant je me rends bien compte
que c’est peut-être un peu longuet cette histoire
de décrire après les trois théories
les quatre phénomènes 
et que j’aurais pu m’arrêter
au moment de la quintessence par exemple
le poème aurait été bouclé plus tôt
et pas plus mal

mais voilà : je suis embarqué
comme une bille qui roule
dans un roulement à bille :
je suis lancé
une fois lancé
on est tous pareils
on est comme l’univers
c’est difficile de s’arrêter

donc les lentilles gravitationnelles
reposent sur une propriété de la lumière
prédite par Einstein dans sa théorie de la relativité
générale : les rayons de lumière
émis par les galaxies lointaines très lointaines
sont courbés par le champ gravitationnel
de la matière
à côté de laquelle ils passent
pendant leur voyage jusqu’à nous
ce qui déforme l’image qu’on en a  
– ces galaxies 
vont prendre 
l’aspect d’arcs de lumière longs et fins
ou carrément
se dédoubler
au lieu de nous apparaître
telles qu’elles sont
en vérité

alors bon en étudiant ces courbures
on peut situer 
la matière qui fait obstacle à la lumière des galaxies et la courbe
on peut établir
une carte de la matière dans l’univers
et savoir
comment la matière se répartit partout

ce qui devrait nous renseigner avec un peu de chance
sur la vitesse à laquelle l’univers s’est organisé dans sa jeunesse
pour devenir
l'univers qu'il est
aujourd’hui

23-11: Parution Deux frères

Le bouquin de mézigue est disponible à partir de maintenant dans la collection Polder. Merci à Décharge et Gros textes.
Préface de Frédérick Houdaer.
Couverture de Sara Laè.
Avec la participation de Ludwig Wittgenstein et de Charles Bukowski.


Pour se le procurer: 

soit faire un chèque de six euros  
à l’ordre des « Palefreniers du Rêve »
CCP 563252 U Dijon
et l'adresser à : Décharge Jacques Morin
4 rue de la Boucherie - 89240 ÉGLENY - France 

soit me croiser dans la rue


15-11: Une autre chose qu’on peut observer (DES 11)



si on veut
si on a le courage:
les ondes acoustiques primordiales
qui sont des vestiges
de l’histoire de l’univers primitif

car 

l’univers n’a pas toujours été

tel que nous le connaissons :
grand, portant beau, avec
les tempes grises
non
l’univers a aussi été jeune
comme vous comme moi
l’univers a été comme vous comme moi
un point minuscule
guère plus gros qu’une tête d’épingle
et même franchement plus petit
plein d’ardeur et d’enthousiasme pour la vie
prêt à toutes les aventures
et pour tout dire un peu fou-fou
oui
voilà comment était l’univers
à l’époque de son commencement :
fou-fou et puis empli
d’un plasma de matière ionisée
(noyaux atomiques et électrons)
et de photons en interaction
– à cette époque de l'univers deux forces s’opposaient
à peu près comme dans Star Wars
d’un côté la lumière
de l’autre côté la gravité
et cette concurrence entre lumière et gravité
à créé dans le plasma premier
des vibrations semblables à des ondes sonores
et ces ondes se sont propagées
jusqu’à ce que l’univers commence à se refroidir
vers 380 000 ans
après B. B

et ces ondes
la trace de ces ondes
est encore inscrite
dans le paysage
de l’univers

c'est pourquoi étudier ces ondes
déchiffrer leur chemin
devrait nous permettre de savoir
à quel moment l’univers a accéléré
à quel moment le responsable de l’accélération cosmique
que ce soit l’énergie du vide
ou la quintessence
ou la gravité modifiée
(appelons-le pour l’instant et dans le doute
« Madame Le Responsable »  
ou bien
« Madame Le Responsable de l’Accélération »)
à quel moment cette force 
a pris le dessus
sur la gravité
et s'est mise à disperser les galaxies
à éloigner les amas de matière les uns des autres

à tout séparer

à une vitesse
toujours croissante